De Calcutta à Khulna

Après deux semaines de vadrouille en Inde, et une sympathique escale franco-polonaise a Calcutta, l’heure est venue de se remettre au travail! Jeudi dernier, nous avons franchi la frontière entre l’Inde et le Bangladesh, direction Khulna et les locaux de notre partenaire local, AOSED. Premières impressions!

C’est donc par deux jours à Calcutta que nous avons achevé notre périple indien. Depuis notre premier passage, la ville n’a pas changé, mais elle est un peu plus fraîche, et donc plus acccueillante, au mois de novembre. Les “Ambassador” jaunes sillonent toujours les rues, promenant avec élégance leur silouhette d'un autre âge, les chiens errants déambulent toujours sans énergie et sans but, et les Bengalis sont toujours aussi chaleureux. On y mange toujours aussi bien, et les vieilles demeures coloniales défraîchies y sont toujours aussi imposantes. On y croise toujours des soeurs à la coiffe bleue et blanche, devouées au service des plus fragiles, et on y voit toujours d’aussi tristes images. Les enfants mendient, des familles investissent le trottoir lorsque la nuit et le calme enveloppent la ville. Tout ca, c’est Calcutta.

Les Ambassador, vieux taxis a l'anglaise, cotoient les rickshaws dans les rues de la ville.  Calcutta abrite de nombreuses demeures et monuments coloniaux.  La congregation de Mere Theresa compte enormement de soeurs.

Après une soirée exploratoire dans les bars sombres et enfumés de la ville, le réveil a sonné a six heures jeudi matin : direction Haridaspur, et la frontière Indo-Bangladaise. Cent vingt-six kilomètres séparent Calcutta de Khulna, notre destination finale. Naïvement, on se dit que quelques heures devraient suffire…et finalement, cette petite escapade nous aura pris pas moins de treize heures! Aux quatre heures de bus entre Calcutta et Haridaspur ont succedées deux heures de pause - pour un dernier thali indien - puis de passage piéton de la frontière; on s’en faisait toute une histoire, mais il n’aura fallu que quelques minutes pour changer de pays. Côté indien comme côté bangladais, nous n’avons croisé que quelques douaniers blagueurs et/ou assoupis, ravis de disserter des performances de l’équipe de France de football, et manifestement peu interessés par nos passeports. Divers coups de tampons et cinq ou six guichets poussiéreux plus tard, nous avons symboliquement franchi le portail qui sépare ces deux états, anciennement unis, lorsque l’actuel Bangladesh n’était encore que le Bengale oriental indien. Ne seraient le bal des camions de marchandises s’activant de part et d’autre des barrières, et tous ces hommes chargeant et déchargeant avec entrain, on aurait presque du mal à savoir ou l’on est.

A la frontiere, les camions vont et viennent, malgre les restrictions indiennes en matiere de transit de marchandises.  A Haridaspur, l'activite autour des bus est assez intense; on y croise des employes de compagnies de transport, des conducteurs de rickshaws, et nombre de changeurs de monnaie, a des taux...variables!    Les routes bangladaises sont peuplees de velos et de rickshaws.

Au premier abord, rien ne saute aux yeux : les frontières ne sont pas de nettes cassures, mais plutôt des traits flous, vagues, séparant des réalités proches, à fortiori lorsque la proximité culturelle entre les deux voisins est grande. Mais après quelques kilomètres, on change vite de point de vue : si les rues, les petites échopes des vendeurs en tout genre, les bus, l’état des routes, sont similaires, les gens, eux, sont différents. Le Bangladesh est, en nombre, le deuxième pays musulman au monde, et sa culture est imprégnée d’Islam. L’habillement, le comportement, les traits des hommes et des femmes, la langue, le rapport aux étrangers (10 personnes autour de nous, curieuses, intriguées et souriantes, à chacun de nos mouvements), nous apparaissent immédiatement comme propres à ce pays.

Carte du Bangladesh.

A la nuit tombée, nous parvenons enfin à rallier les bureaux d’AOSED; Shamim Arfeen, secrétaire exécutif et fondateur de l’ONG, nous accueille à bras ouverts. Sa chambre devient la nôtre (juste au dessus des locaux de l’association), et il nous offre un premier et délicieux repas. Les échanges débutent sans attendre, et notre hôte esquisse pour nous une première description de ses activités, et de la toile d’arraignée militante qu’AOSED a tissé à Khulna depuis 1999. Artistes, intellectuels, politiques, membres d'ONGs, beaucoup de gens gravitent autour de l’association. La mise en réseau semble être un de ses grands savoir-faire, au Bangladesh comme à l’international. Le plaidoyer constitue l’une de ses principales activités (AOSED dispose notamment du statut d’observateur à l’ONU, sur les questions d’accès à l’eau et de changement climatique). Nous esquissons avec Shamim le programme des prochaines semaines, entre visites des villages du Sud-est du pays, à la rencontre des populations béneficiaires de programmes d’assainissement, et entretiens avec des politiciens, journalistes, étudiants et activistes à Khulna. En attendant de rentrer dans le vif du sujet, et en marge des nombreuses discussions informelles sur l'histoire du Bangladesh et de ses mouvements sociaux, les propositions de sorties abondent : marriage bangladais (avec 1000 invités environ!), match de cricket et soirée crabes-gin sont au menu des prochains jours!

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Ils/Elles s'engagent!

  • Dewi, vice Secrétaire générale, KPA, Jakarta, Indonésie: "En m'engageant avec KPA en 2007, j'ai compris que l'Indonésie est avant tout un pays agricole, même si nos dirigeants n'en tiennent pas compte".

    Dewi, vice Secrétaire générale, KPA, Jakarta, Indonésie: "En m'engageant avec KPA en 2007, j'ai compris que l'Indonésie est avant tout un pays agricole, même si nos dirigeants n'en tiennent pas compte".

  • Dwi Agus, Chargé de campagnes, KPA, Jakarta, Indonésie : "Depuis des années, je vois comment vivent les gens ici, et j'en suis triste. Mon engagement est plus qu'un job, c'est un moyen de protester".

    Dwi Agus, Chargé de campagnes, KPA, Jakarta, Indonésie : "Depuis des années, je vois comment vivent les gens ici, et j'en suis triste. Mon engagement est plus qu'un job, c'est un moyen de protester".

  • Iwan, Secrétaire général, KPA, Jakarta, Indonésie : "J'ai embrassé la cause paysanne dès la fin de mes études, car l'accès à la terre est au coeur de toutes les difficultés sociales que connait l'Indonésie aujourd'hui".

    Iwan, Secrétaire général, KPA, Jakarta, Indonésie : "J'ai embrassé la cause paysanne dès la fin de mes études, car l'accès à la terre est au coeur de toutes les difficultés sociales que connait l'Indonésie aujourd'hui".

  • Andri, Chargé de campagnes et de recherches, KPA, Jakarta, Indonésie : "Le gouvernement refuse d'agir au sujet de l'accès à la terre, bien que ce soit un problème fondamental. On essaye donc de créer un vrai changement social par nos actions".

    Andri, Chargé de campagnes et de recherches, KPA, Jakarta, Indonésie : "Le gouvernement refuse d'agir au sujet de l'accès à la terre, bien que ce soit un problème fondamental. On essaye donc de créer un vrai changement social par nos actions".

  • Roy, Secrétaire, KPA, Jakarta, Indonésie: "Depuis l'université, je suis engagée dans les mouvements étudiant et ouvrier. Aujourd'hui, je veux en apprendre davantage sur la cause paysanne, pour continuer à lutter contre les injustices".

    Roy, Secrétaire, KPA, Jakarta, Indonésie: "Depuis l'université, je suis engagée dans les mouvements étudiant et ouvrier. Aujourd'hui, je veux en apprendre davantage sur la cause paysanne, pour continuer à lutter contre les injustices".

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