15 jours au Cambodge

Après un court silence, nous voici de retour ! Ces 15 jours passés en famille nous ont permis de faire le plein de visages connus, et de découvrir un pays, souriant, chaud et authentique. Un régal !

Samedi 30 mars : Après 40 heures mémorables passées dans le Réunification Express, entre Ninh Binh et Ho Chi Minh City (assis sur des tabourets en plastique dont nos fesses se souviennent encore, à deux pas des toilettes), nous quittons le Vietnam les paupières lourdes, manque de sommeil oblige. Six heures de bus plus loin, et après un passage de frontière si rapide qu’on croirait acheter un simple ticket d’entrée à Disneyland, nous voici au Cambodge. Il fait chaud, chaud, et l’on voit, rien qu’au teint buriné des locaux, qu’on a changé de pays.

Lundi 1 avril : Il fait lourd sur Phnom Penh ! Après un dimanche « retrouvailles » et une première visite de la ville, nous arpentons les allées fleuries de l’imposant palais royal. Dans les différentes cours, édifices bouddhistes et hindouistes se mélangent, rappelant au visiteur que ces deux confessions constituent une part majeure de l’héritage historique du Cambodge. La ville est paisible, pas aussi laide qu’on aurait pu le croire, et bien loin de la frénésie abrutissante de Bangkok ou de Beijing !

Mercredi 3 avril : Deuxième jour dans les ruines des temples d’Angkor. Après avoir arpenté les plus célèbres d’entre eux (Angkor Wat lui-même, Ta Phrom, Angkor Thom…), nous passons la journée à déambuler dans d’autres, tout aussi impressionnants. Le site compte un peu plus de 200 édifices, si bien que même avec toute la concentration et la curiosité du monde, on en repart en sachant bien qu’on n’a fait qu’effleurer le mythe… Sur la pierre chaude et sous le soleil brûlant, l’histoire est au rendez-vous : fresques, tours, escaliers, lianes, fromagers, tous les éléments du décor confèrent à Angkor son statut bien mérité de site classé au patrimoine mondial de l\'UNESCO.

Jeudi 4 avril : Il fait 40 degrés au Cambodge, Angkor et toujours ! Faute de bus, nous prenons un bateau pour rallier Battambang, la deuxième ville du pays. Et ce coup du sort s’avère une magnifique surprise : en 5 heures, nous glissons à la surface d’une eau tantôt bleue, tantôt verte car recouvertes de lotus. Le pilote passe fréquemment la barre à son fils, qui n’a pas plus de 10 ans. A chaque village flottant traversé, une image insolite accroche les yeux : des gamins en uniforme qui vont à l’école en bateau, une barque qui nous aborde pour faire monter de nouveaux passagers à bord, des pêcheurs immergés dans le courant qui saluent en souriant…C’est un monde, une tranche de vie. On se croirait dans un documentaire de National Geographic !

La version  cambodgienne du rikshaw indien: risque de sollicitations zéro, l’heure est à la pause!  Massif et imposant, l’éléphant garde l’entrée du palais royal construit au XIXème siècle où réside le roi Norodom Sihamoni, ancienne icône nationale… de danse classique !  Deux gamins comptent la recette de la journée, dans les rues de Phnom Penh.

L'art de la sculpture sur ananas!  Un petit jus de fruits?  96% des Cambodgiens sont de confession bouddhiste.

Seuls les jardins et une partie du palais royal sont accessibles au public. L'aile habitée par le roi s'ouvre néanmoins aux visiteurs chaque année, à l'occasion de la célébration de son anniversaire, le 14 mai.  Dans les jardins du palais royal, influences bouddhistes et hindouistes se mêlent harmonieusement.  Dans l'une des cours d'Angkor Vat, de jeunes danseuses apportent une touche de couleur à la pierre noircie par le temps.

Le royaume d'Angkor a dominé le pays du IXème au XVème siècle.  Le temple de Ta Phrom est soumis aux caprices des fromagers. Pour l'anecdote, c'est ici qu'a été tourné le film "Tomb Raider" avec Angélina Jolie.  Calme et spiritualité enveloppent les ruines d'Angkor.

Le temple du Bayon se distingue par ses 216 visages sculptés sur 54 colonnes.  Les gardiens du temple passent leurs journées assis près de l'autel.  IMG 8841

Victime de son succès, le royaume d'Angkor déclina au XIVème siècle pour déperrir en 1432, privée de l'eau qui avait jusque là fait sa force.  Le trajet en bateau qui nous mène de Siem Reap à Battambang nous offre de magnifiques scènes de vie, en traversant les villages flottants.  Ecoles, marchés, maisons, bureaux du parti du peuple cambodgien... Ici, tout flotte sur l'eau, et se balance au gré des saisons.

Pour rallier les villes voisines, c'est un parcours du combattant! Bus, bateau et jeep, un voyage récurent pour les habitants du chenal.  Le temple de Prasat Banan est un terrain de jeux de choix pour les enfants des environs.  Au détour d'un chemin cailloutteux emprunté à scooter, la vie animée d'un village nous permet de faire la connaissance d'une truie de plus de 100 kilos et de ses petits protégés.

Le lac de Kamping Pouy, à une vingtaine de km de Battambang, est pris d'assaut pour la farniente et les jeux d'eau par les khmers de passage.  Des hamacs innocupés invitent à la sieste digestive.  Le lac de Kaping Pouy est aussi surnommé le lac aux lotus géants.

Samedi 6 avril : A moto, il fait un peu plus frais ! Le « deux roues », c’est l’outil obligatoire pour découvrir l’arrière-pays de Battambang. L’asphalte cède la place à un chemin caillouteux, qui soulève d’impressionnants nuages de poussière ; les paysages offrent diverses teintes de jaune et de vert, sous un ciel d’un bleu insolent. Nous nous rendons au lac de Kamping Pouy, où des hamacs tendus au bord de l’eau nous incitent à la paresse. Un peu en retrait, les gamins du coin se baignent tout habillés dans la rivière. L’ambiance est moite, calme, souriante. On avale des litres d’eau sans même s’en rendre compte, et après cette journée tout en douceur, on met les gaz sur une route bordée de palmier, pour aller manger un amok[1] succulent, et prendre un bus de nuit pour Koh Kong, ville de bord de mer du sud-ouest du Cambodge. Seul bémol (pour nos fesses, encore une fois !), on avait demandé sleeper bus, on a eu des sièges… Anyway !

Mardi 9 avril : Après une journée à la plage, on décide de rompre avec la mollesse et de se faire un peu violence : on part en excursion dans la jungle ! D’un coup de pick-up, nous voici à la lisière d’une forêt moite, dense et, peut-être (on ne sait jamais), inhospitalière. Le guide annonce la couleur, en évoquant une récente balade durant laquelle un boa de 3 mètres de long s’est ostensiblement exhibé, devant un public à demi enthousiaste. Pour nous, pas de mastodonte dans ce genre, mais quelques trublions de bonne facture : des sangsues à la pelle, des araignées jaunes et noires qui apparemment « could be dangerous », et des champignons affreusement toxiques. Peu importe, on trace à travers les lianes grâce à la machette affûtée de notre guide, qui du haut de ses 23 ans, connaît déjà la forêt comme sa poche. Malgré la pluie diluvienne qui nous prend en traître vers 16 heures, nous montons le camp au bord de l’eau, et avalons avec plaisir des légumes et du poulet grillés au feu de bois. A 20h, on se glisse dans des hamacs de l’US Army, et on y fait le tour du cadran. Une petite marche après le café-baguette (au cœur de la jungle, c’est quelque chose !), et on se jette dans l’eau turbulente de la cascade Tatai. Pour couronner le tout, un orage colérique et un déluge de grêlons facétieux s’en donnent à cœur joie sur nos têtes dans le pick-up du retour.

Vendredi 11 avril : Levés de bonne heure, nous faisons route vers la capitale. Les parents rentrent à Paris, le sac chargés de la multitude de « petits trucs, mais tu verras, c’est pas lourd ! », qu’on veut renvoyer au pays. Nous, on continue ! Nous célèbrons ce week-end le nouvel an khmer à Phnom Penh (pendant les réjouissances familiales, la capitale est totalement amorphe, et ses rues sont désertes) puis nous ferons un crochet par les plages des environs de Kep dans les prochains jours, avant de dire au revoir au pays du sourire (appellation usurpée par la Thaïlande !).

Entre sa jungle et ses plages, ses temples et ses marchés, ses sourires bienveillants si généreusement distribués et ses plats délicieux, le Cambodge nous a séduits en moins de temps qu’il n’en faut pour avaler une cannete de bière « Angkor ». On aurait presque envie de demander une extension de visa, mais la route jusqu’à Jakarta ne passe pas que par Phnom Penh !

Aux alentours du lac, de menues masures abritent des familles vivant au grand air... dans la plus grande simplicité.  A 17h, les cars touristiques déversent sur les plages leurs voyageurs encombrants. Il est temps de rentrer sur Battambang!  Ko Kong, ville frontalière de la Thaïlande, offre peu d'attraits au visiteur de passage, si ce n'est son port et ses relans saumâtres.

D'un coup sec de couteau, les femmes retirent l'encre prisonnière des entrailles des calamars, avant de les vendre au marché.  D'autres profitent de l'ombre des bâches pour piquer un somme.  Le sourire et la joie de vivre semble être une marque de fabrique chez les enfants cambodgiens.

Les plages de la presqu'île de Koh Kong invitent à la farniente.  On se demande qui en profite le plus!  Dans le corridor de conservation de Koh Kong, la jungle dense offre des possibilités d'escapades de plusieurs jours.

Outre les sangsues qui nous attaquent les pieds, des specimens étranges peuplent la forêt.  Cette plante renferme quelques gorgées d'une eau parfumée. On la décapsule, et on la boit... plus sain qu'une canette de bière!  Le repas du midi est simple mais conséquent: du riz, des oeufs et des légumes...

Après un petit rafraichissement bien mérité dans les cascades en contrebas.  Le soir, nous arrivons trempés par l'orage au camp de base pour la nuit. Méga brochettes et feu de camp sont nos principaux alliés!   De retour à Koh Kong, nous embarquons sur un petit bâteau, à la découverte de la plus grande forêt de mangrove de toute l'Asie du sud-est.

Une halte sur une plage presque déserte nous promet une belle trempette...  mais les méduses et les déchets qui jonchent le sol nous invitent à la prudence.  A bord des embarcations, c'est souvent le fils qui sert de moussaillon à son père.

La mangrove abrite une biodiversité particulière, et très riche.  De retour à Koh Kong, où les enfants jouent non loin du port.  En parlant de porc, celui-là sert d'appat pour les clients à la recherche de chair fraîche.

Au marché local, des pavés de viande saignante sont exposées au public, sous une lumière tamisée.  On se perd dans les marchés cambodgiens comme dans la caverne d'Ali Baba.  On y trouve de tout, et pour tous les goûts! 


[1] L’amok est un plat cambodgien à base de curry, de lait de coco et de poisson frais, le tout servi chaud dans une noix de coco.

[2] Localité située près de Siem Reap, qui est la base arrière des séjours à Angkor.

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  • Dewi, vice Secrétaire générale, KPA, Jakarta, Indonésie: "En m'engageant avec KPA en 2007, j'ai compris que l'Indonésie est avant tout un pays agricole, même si nos dirigeants n'en tiennent pas compte".

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  • Dwi Agus, Chargé de campagnes, KPA, Jakarta, Indonésie : "Depuis des années, je vois comment vivent les gens ici, et j'en suis triste. Mon engagement est plus qu'un job, c'est un moyen de protester".

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  • Iwan, Secrétaire général, KPA, Jakarta, Indonésie : "J'ai embrassé la cause paysanne dès la fin de mes études, car l'accès à la terre est au coeur de toutes les difficultés sociales que connait l'Indonésie aujourd'hui".

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  • Andri, Chargé de campagnes et de recherches, KPA, Jakarta, Indonésie : "Le gouvernement refuse d'agir au sujet de l'accès à la terre, bien que ce soit un problème fondamental. On essaye donc de créer un vrai changement social par nos actions".

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  • Roy, Secrétaire, KPA, Jakarta, Indonésie: "Depuis l'université, je suis engagée dans les mouvements étudiant et ouvrier. Aujourd'hui, je veux en apprendre davantage sur la cause paysanne, pour continuer à lutter contre les injustices".

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