Un milliard trois cent millions

Riche d’une population de plus d’un milliard et trois-cent millions de personnes, la Chine est aujourd’hui la première puissance démographique du monde. Une cinquantaine d’ethnies composent le patchwork humain de ce pays-continent aux mœurs authentiques et parfois troublantes.

Nombre et multi-ethnisme

Aujourd’hui, plus d’un être humain sur cinq est chinois. Cette extraordinaire richesse du nombre, engendrée par Mao en son temps, est une faiblesse autant qu’une force. D’un côté, la nécessité d’endiguer les naissances est bien réelle, en temoigne la politique de l’enfant unique, qui sanctionne les ménages trop fertiles. De l’autre, cette démographie extraordinaire offre un vivier de main d’œuvre propre à dynamiser la croissance. La composition de cette imposante population est également ambivalente : les Han, ethnie majoritaire, en représente 92%, mais 60% du territoire national sont occupés par la cinquantaine d’ethnies minoritaires que compte la Chine. Il existe donc,dans ce pays vaste comme l’Europe, une réelle diversité humaine. 

Celui qui se donne la peine de parcourir les longues distances qui séparent les différentes provinces s’en rendra compte par lui-même ! Ainsi, les élégantes femmes han de Beijing, qui entretiennent la blancheur éclatante de leur peau à l’abri de leurs ombrelles, sont-elles en tout point différentes des femmes au teint brun de Dali (province du Yunnan), qui portent de lourdes briques sur le dos, ou vendent légumes et poulets au marché. D’ailleurs, c’est sans doute entre les mégalopoles de l’Est et le Sud-ouest du pays que le contraste humain est le plus saisissant. Aux confins du Tibet, du Myanmar, du Laos et du Vietnam, le Yunnan est à lui seul un concentré multi-ethnique : tibéto-birmans, taï-kadaï et Miao-Yao, trois grandes familles regroupant 25 ethnies, sont ici mélangées, et constituent 50% de la population de la province.

Guitariste croise dans un parc de Kunming  Au marche traditionnel de Dali  Vendeur de fruits au milieu de son etal

Vente de fruits a Dali  Seance matinale de tai chi a Kunming  Defile de coquetterie dans les rues de Kunming

Harmonie sociale et maitrise de soi

D’une manière générale, on sent en Chine une profonde tranquillité sociale, qui trouve ses racines autant dans la sévérité du régime que dans les mœurs traditionnelles. Imprégnés de confucianisme, les Chinois sont attachés à la valeur morale de l’individu. Chacun doit s’atteler, selon les principes anciens, à essayer d’être meilleur, en cherchant à parfaire son savoir et son comportement. Il n’est par exemple pas question de perdre la face en public, il semble absolument proscrit de s’emporter, et les jeunes générations doivent le respect à leurs ainés. Ainsi, la vie extérieure est plutôt calme et se déroule sans accrocs. Les rues sont pleines de vie, les nombreux restaurants sont fréquentés à toute heure de la journée, les villes regorgent de vendeurs, de magasins et de promeneurs, et nombreux sont ceux qui gratifient le visiteur d’un « hello », semblant ravis de vous entendre répondre, dans un chinois plus qu’hésitant : « ni hao » ! Au détour des ruelles, il n’est pas rare de tomber sur une seance de tai chi en plein air ; jeunes et moins jeunes prennent chaque jour le temps d’entretenir leur corps. Même les chiens sont soucieux de leur bien être, et soignent leur apparence...En Chine, tout ne serait donc qu’harmonie et douceur? Pas exactement !

A Kunming, mieux vaut ne pas rester sur la route une fois le drapeau rouge leve!  Petit garcon croise dans les rues de Kunming

Petites incommodités et relativisme culturel

« A Rome, fais comme les Romains », dit l’adage. C’est ainsi qu’il faut apprendre à bousculer joyeusement et sans scrupules ses congénères dans les transports, sans un regard ni une excuse pour la pauvre victime, écrasée entre son sac à dos et la vitre du bus. Mais pas de quoi s’emporter ou se vexer pour autant ; ici, c’est comme ça ! Il en va de même pour les étirements bruyants et les sonorités en tout genre dans les trains, les raclements de gorge incessants et les innombrables crachats qui les suivent inévitablement, ou la fâcheuse manie qu’ont autobus et voitures de ne pas s’arrêter, voire d’accélérer – si le conducteur est joueur – lorsqu’un piéton ose s’aventurer sur l’asphalte.

Au regard de ces petites gênes quotidiennes, il en est d’autre qu’on remarque moins, comme le fait que de nombreux petits enfants portent des pantalons soigneusement découpés au niveau des fesses, ce qui leur permet de se soulager rapidement et n’importe où. Ou que certains cybercafés sont interdits aux étrangers, qui, en plus de la censure qui fait rage, doivent composer avec des réseaux de wifi au fonctionnement aléatoire. Ou encore que la plupart des Chinois ne parlent pas anglais, comme si ce pays, si incontournable dans le monde d’aujourd’hui, ne s’ouvrait qu’à demi, cherchant à préserver jalousement sa part d’authenticité. Mais en définitive, peu importe ; le relativisme culturel nous apprend, à chaque voyage, à composer avec ce que l’on aime, et avec ce que l’on aime moins.

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  • Dewi, vice Secrétaire générale, KPA, Jakarta, Indonésie: "En m'engageant avec KPA en 2007, j'ai compris que l'Indonésie est avant tout un pays agricole, même si nos dirigeants n'en tiennent pas compte".

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  • Dwi Agus, Chargé de campagnes, KPA, Jakarta, Indonésie : "Depuis des années, je vois comment vivent les gens ici, et j'en suis triste. Mon engagement est plus qu'un job, c'est un moyen de protester".

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  • Iwan, Secrétaire général, KPA, Jakarta, Indonésie : "J'ai embrassé la cause paysanne dès la fin de mes études, car l'accès à la terre est au coeur de toutes les difficultés sociales que connait l'Indonésie aujourd'hui".

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  • Andri, Chargé de campagnes et de recherches, KPA, Jakarta, Indonésie : "Le gouvernement refuse d'agir au sujet de l'accès à la terre, bien que ce soit un problème fondamental. On essaye donc de créer un vrai changement social par nos actions".

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  • Roy, Secrétaire, KPA, Jakarta, Indonésie: "Depuis l'université, je suis engagée dans les mouvements étudiant et ouvrier. Aujourd'hui, je veux en apprendre davantage sur la cause paysanne, pour continuer à lutter contre les injustices".

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