“Merci lai lai, khob chai beaucoup”!

Le Laos n’a rien à envier à son voisin thaïlandais. Certes, son économie n’est pas aussi florissante que celle des puissants états qui l'entourent, à l’instar de la Chine, mais le voyageur en quête de nature et de rencontres y trouvera un refuge réconfortant. 

Imbibés de la pollution des grandes villes thaïlandaises, témoins non consentants de l’avènement despotique de la surconsommation de masse, du tourisme sexuel, et de la mutation déraisonnée du patrimoine national en parc d’attraction à ciel ouvert, c’est avec soulagement que nous rejoignons un pays moins bling bling, et plus « authentique ». 

« Bye bye Rama IX !», se dit-on en traversant le pont de la fraternité lao-thaïlandais qui relie Nong Khai, au nord-est de la Thaïlande, à Vientiane, capitale du Laos, en enjambant le Mékong. Il est 9h, le passage de la frontière se fait sans encombres, et nous échappons de peu au traditionnel hommage au roi qui a lieu matin et soir, à heure fixe, dans les lieux publics du pays. Nous rejoignons directement Vientiane, ville aux charmes discrets et au calme surprenant pour une capitale. Les enseignes des magasins peintes en français, les petits déjeuners baguettes et confiture, et les « tubes » de Christophe passant en boucle le long du front de mer rappellent la présence passée du colon français. Les échanges dans la langue de Molière se font plus réguliers, bien que souvent sommaires avec les locaux, mais plus élaborés avec les centaines de visiteurs francophones qui affluent dans la région. 

Coucher de soleil au bord du Mekong, a Vientiane.  Suite aux derives occidentales (beuveries et obscenites) liees a la pratique du tubbing (descendre une riviere en bouee en buvant jusqu'a plus soif), les autorites de Vang Vieng font de la prevention...  Les environs de Vang Vien offrent de magnifiques possibilites d'immersion dans la nature!

Le voyageur sature de grosses villes eprouve un reel plaisir a retrouver la verte prairie!  Entre deux bus, rien ne vaut un brin de toilette dans la riviere Nam Song!  Autour de Luang Prabang, le cycliste acharne peut laisser libre cours a sa passion.

Lorsque l'on remonte vers le nord du Laos, le relief s'eleve doucement.  Sur la route, de petits temples ouvrent leurs portes aux visiteurs de passage. On peut meme partager le riz gluant des moines... en echange d'un don!  Les petits Laotiens sont hauts en couleurs!

Bien que le tourisme représente la première source de devises du pays, seuls 2,5 millions de voyageurs ont visité le Laos en 2010, et l’environnement comme les traditions locales n’ont pas encore pâti outre mesure du développement des infrastructures d’accueil et de loisirs. Quand on sait que la Thaïlande accueillait en 2011 vingt millions de touristes, le Laos ferait presque rêver les voyageurs en quête d’un peu plus de tranquilité. Il n’empêche, les guesthouse fleurissent un peu partout dans le pays, et des villes comme Vientiane, Luang Prabang ou Vang Vieng attirent un nombre important de bagpackers dont le flot se tarrit néanmoins à l'approche de la saison des pluies. Si la plupart d'entre eux s'adonnent au treck et au VTT, certains semblent définitivement s'être égarés. A Vang Vieng, la pratique décadente du tubing a attiré chez elle nombre de jeunes bipèdes dégénérés venus chercher dans un calme village l’effervescence des clubs de nuit à l’occidentale. Ce « sport local » consistait à descendre la rivière Nam Ou sur une bouée géante, à s’arrêter dans les bars qui la bordent pour ingurgiter tout ce qui se calcule en pourcentage, et à finir la soirée défoncé devant un épisode de Friends projeté sur grand écran, le ventre rempli de space cake et d’un bon hamburger… Mais les 27 morts (overdose et noyade) causées par cette activité stupide ont  obligé les organisateurs à mettre la clef sous la porte en septembre 2012. Malgré tout, la campagne environnante offre des opportunités de balades sans fin, et l’on peut facilement prendre le large pour passer de grottes en grottes, et admirer les formations karstiques (gros rochers calcaires) qui se découpent sur un horizon bleu azur.

Luang Prabang, jolie petite ville installée sur les rives du Mékong, offre au coucher du soleil une palette de couleurs surprenantes, mais la forte présence touristique en saison haute nous pousse hors du centre névralgique pour arpenter les environs. Nous passons d’un temple presqu’inhabité à des villages plus reculés, le long d’une piste que des camions sur chenilles travaillent à aménager en route. Des chantiers de ce type fleurissent dans tout le pays, généreusement financés par la Chine, conformément à la volonté du gouvernement local de développer ses infrastructures. La récente adhésion du Laos à l’OMC, en février 2013, laisse présager des travaux de grande ampleur pour les années à venir. En effet, Vientiane a affiché sa volonté d'ôter d'ici a 2020 l’étiquette de PMA[1] qui lui colle à la peau.   

Le calme qui regne dans la cour des temples invite a la meditation!  La pause du cycliste. A midi au Laos, il fait trop chaud pour faire du velo!  Au bord des pistes, on trouve de nombreuse petites cahutes ou l'on peut faire un arret d'une nuit, ou une sieste de quelques minutes.

La fin du jour offre de tres belles vues sur le fleuve.  Rencontre furtive, avant de prendre le bateau pour Muang Ngoi, petit village situe sur la riviere Nam Ou.  Petit sandwich furtif, quelques metres plus loin!

La riviere Nam Ou est le moyen le plus rapide (et le plus agreable) de rallier les villages recules.  On y navigue, et le soir, on s'y baigne et on y lave la salade!  En route vers les hauteurs, en compagnie de deux routards rhone-alpins.

De part et d’autre de la rivière Nam Ou, principal affluent du Mékong qui irrigue le nord-est du Laos, de petits villages sont une arrière-base de choix pour des randonnées dans les hauteurs. Nous faisons halte à Muong Noi, où les quelques maisons proposent hébergement et restauration pour les visiteurs de passage. A 18h, le groupe électrogène se met en route et les ampoules s’éclairent dans les chaumières, tandis que les enfants jouent à la pétanque parmi les coqs, phacochères, chats et chiens qui se baladent en nombre. À quelques heures de marche, une piste raide en lacets nous mène du village de Ba Na à celui de Ban Pun, où nous nous arrêtons pour la nuit. C’est un laotien d’une vingtaine d’années, revenant de la chasse aux oiseaux, fusil à la main, qui nous conduit jusqu'à sa demeure, toute de bambou vêtue, au confort plus que rudimentaire. Le mobilier est inexistant, la cuisine se fait au bois à même le sol, et la toilette, à la pompe à eau publique qui distribue plusieurs maisons du village. À la nuit tombée, on partage du sticky rice accompagné d’un bouillon d’oiseau fraichement tué, et la soirée se passe dans la simplicité des échanges avec les enfants, et dans la gêne de ne pas pouvoir dialoguer avec les parents. Soit, on repart le lendemain, revigorés par cette nuit fraiche, et on continue à serpenter le long de ces sentiers d’un rouge ocre, qui contrastent harmonieusement avec le vert luxuriant des montagnes. On se rapproche doucement du Vietnam, et l’envie nous prend de nous y rendre à pied par la montagne. Mais les locaux ne sont pas unanimes sur la direction à prendre, et le risque d’être renvoyé à la frontière internationale située plus au nord nous incite à faire demi-tour. Deux jours plus tard, nous voilà à deux pas d’atteindre Son La, qui sera la première étape de notre phase de reportages au Vietnam. Une semaine seulement au Laos aura suffi pour nous inciter à revenir, nous donnant juste un aperçu de ce que l’on découvrira plus profondément après notre séjour au Vietnam et au Cambodge dans les deux prochains mois!

Deux garcons jouent aux billes, dans le petit village de Ban Pun.  Les fillettes du village se pretent avec enthousiasme a une petite seance photo.  Un beau regard...

...et une jolie petite mimique!  Petite balade dans le village de Ban Pun, avant d'y passer la nuit.  Kam, le fils de notre hote (a gauche), s'est mis a la guitare avec ses petits copains, sous les conseils avises de Fabienne.

Les villageois font secher les tiges d'herbe avec lesquelles ils confectionnent leurs balais.  La preparation des balais mobilise tout le village.  Suk nous a accueilli chez lui pour la nuit. Il nous a regale avec des petits oiseaux, chasses le matin-meme du bout de son fusil!

Sur la route du village suivant, nous croisons les ecoliers de Ban Pun, en pleine pause gouter.  La piste qui relie les differents villages est plutot pentue, mais les paysages en valent la peine!  Le repos du randonneur!


[1] Pays les moins avancés.

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  • Dewi, vice Secrétaire générale, KPA, Jakarta, Indonésie: "En m'engageant avec KPA en 2007, j'ai compris que l'Indonésie est avant tout un pays agricole, même si nos dirigeants n'en tiennent pas compte".

    Dewi, vice Secrétaire générale, KPA, Jakarta, Indonésie: "En m'engageant avec KPA en 2007, j'ai compris que l'Indonésie est avant tout un pays agricole, même si nos dirigeants n'en tiennent pas compte".

  • Dwi Agus, Chargé de campagnes, KPA, Jakarta, Indonésie : "Depuis des années, je vois comment vivent les gens ici, et j'en suis triste. Mon engagement est plus qu'un job, c'est un moyen de protester".

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  • Iwan, Secrétaire général, KPA, Jakarta, Indonésie : "J'ai embrassé la cause paysanne dès la fin de mes études, car l'accès à la terre est au coeur de toutes les difficultés sociales que connait l'Indonésie aujourd'hui".

    Iwan, Secrétaire général, KPA, Jakarta, Indonésie : "J'ai embrassé la cause paysanne dès la fin de mes études, car l'accès à la terre est au coeur de toutes les difficultés sociales que connait l'Indonésie aujourd'hui".

  • Andri, Chargé de campagnes et de recherches, KPA, Jakarta, Indonésie : "Le gouvernement refuse d'agir au sujet de l'accès à la terre, bien que ce soit un problème fondamental. On essaye donc de créer un vrai changement social par nos actions".

    Andri, Chargé de campagnes et de recherches, KPA, Jakarta, Indonésie : "Le gouvernement refuse d'agir au sujet de l'accès à la terre, bien que ce soit un problème fondamental. On essaye donc de créer un vrai changement social par nos actions".

  • Roy, Secrétaire, KPA, Jakarta, Indonésie: "Depuis l'université, je suis engagée dans les mouvements étudiant et ouvrier. Aujourd'hui, je veux en apprendre davantage sur la cause paysanne, pour continuer à lutter contre les injustices".

    Roy, Secrétaire, KPA, Jakarta, Indonésie: "Depuis l'université, je suis engagée dans les mouvements étudiant et ouvrier. Aujourd'hui, je veux en apprendre davantage sur la cause paysanne, pour continuer à lutter contre les injustices".

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