C'était complètement woof!

La fin de cette période en Thaïlande aura malheureusement été marquée par le vol de tout notre matériel professionnel, alors que nous nous trouvions dans une ferme du nord du pays pour une première expérience de woofing. Anyway ! Toute expérience, même mauvaise, charrie son lot de fruits amers que le temps ne manquera pas de bonifier ! 

Cette parenthèse faite, il serait vraiment dommage de ne pas vous faire partager, avec les quelques images récupérées, et nos souvenirs encore intacts, les excellents moments que nous avons passés à côté de Doi Sakhet, à une dizaine de kilomètres de Chang Mai, dans ce havre de paix tenu par un couple des plus atypiques. Lui, c’est Willow. 82 ans, les cheveux longs retenus par un bandana vintage, hippie jusqu’au bout des ongles, partageant désormais son temps entre ses fermes, sa femme et les volontaires et amis du monde entier qui viennent lui rendre visite. Le sourire vissé aux lèvres, cet octogénaire ne fatigue pas de fédérer autour de lui, et de répéter à chaque nouveau venu qu’"it’s the best day to die today". Elle, c’est Buti, "the boss", la réelle propriétaire des lieux. Birmane d’origine, Buti est continuellement au garde à vous, et n’arrête de s’activer que pour déguster une bonne tasse d’un café fraichement moulu et torréfié à domicile.

L’après-midi de notre arrivée, nous voilà sorti de l’enfer touristique de Chiang Mai (qu’on a récemment transformé en "parc d’attraction" grandeur nature, à notre plus grande déception) pour rejoindre les espaces reculés et verdoyants des campagnes environnantes. La ferme de Willow et Buti est située au bout d’un lacet de petits chemins caillouteux. La montagne et les champs sont notre seul horizon. Le concept du lieu est clairement défini par Willow lors de notre première rencontre. "Do what you want to do, and above all : enjoy your time here !".

A quelques kilometres de Chiang Mai, le village de Doi Sakhet offre le calme que sa touristique voisine semble avoir definitivement perdu!  Les huttes qui accueillent les woofers sont plutôt tranquilles!  Au premier etage. on fait du feu en buvant un coup; au deuxieme, on dort!   

Willow, 82 ans et 42 pays de residence a son actif, distribue la bonne parole.  La cuisine au feu, c'est long, mais c'est bon!  L'ami des betes s'en est donne a coeur joie a la ferme. 

Sitôt dit, sitôt fait, on prend nos quartiers et faisons le tour du propriétaire. Un étang rempli de poissons pour la pêche, un sauna fait maison, un poulailler, un abri pour les canards, des fruits et des légumes à disposition pour les repas, un système d’irrigation à superviser, deux chiens à nourrir, deux chats à cajoler, et des murs blancs qui ne demandent qu’à être égayés. Aux woofers de prendre des initiatives, et de prendre soin des plantes et des animaux que Willow et Buti affectionnent tout particulièrement. Les premiers jours filent sans qu’on s’en aperçoive. Adju (le neveu de Buti), Nien et leur fils de 4 ans, occupent la barraque principale de la ferme. L’occasion rêvée pour nous de prendre quelques leçons de pêche et de cuisine thai en compagnie de vrais "pros". Bizarrement, quand on tient la canne a pêche, les poissons finissent toujours par gober l’appât sans se piquer à l’hameçon, alors qu’Adju n’a besoin que d’un filet et de ses deux mains pour en atrapper 5 d’un coup. Soit, on fait de notre mieux, on s’y met à 6, on tente les asticots, on se jete à l’eau, on implore la déesse du lieu... Rien n'y fait, toutes nos tentatives restent vaines! 

La peche matinale fournit toute la maison en poisson pour le soir.  Grille aux herbes...  Les travailleurs reprennent des forces, avec quelques produits directement issus du jardin.

Eh Fab, ca mord ou bien?!  Lasses par l'inneficacite belge, les Anglais sortent un filet de 10 metres de long...  On finit meme par se jeter dedans, pour voir de plus pres ce qui s'y passe!

Quand on ne scrute pas les eaux verdâtres de ce miroir de frustration, chacun s’affaire à ses propres occupations. Pas d’horaires imposés, seulement quelques brèves instructions ! On met le réveil pour profiter du soleil de l’aurore, on s’active à renforcer l’enclos du poulailler, on se lance dans des fresques murales, on construit des étagères avec les moyens du bord, ... Les chiens crient à s’en rompre les os, on leur en cuisine quelques-uns avec du riz gluant, recette locale. Certains prennent soin du compost et débroussaillent les mauvaises herbes. Le soir, on fait chauffer les plantes du jardin pour parfumer tant bien que mal un sauna fait maison, rabibochage d’une vieille casserole, d’un feu de bois et d’un tuyau diffusant dans une pièce sombre une vapeur tiède.En deux jours, on est déjà 4 à avoir investi les lieux. Ben, un anglais pur souche à l’humour bien trempé et Suvi, une finlandaise au regard blondinet. On se constitue vite en petite “famille”, peu soucieux du temps qui passe, indépendants de Willow et de Buti qui n’offrent que de courtes apparitions dans notre quotidien. 

Le coup de pinceau d'une artiste!  Le savoir-faire d'un vrai bricoleur...  Ben, woofer anglais, au comble du bonheur: il a reussi a remplir le tank qui approvisionne la maison en eau!

On nous laisse des vélos et une moto à disposition, gages d'une autonomie totale. On en profite pour se perdre dans les chemins alentours, se fondre dans les marchés locaux à la recherche d’une bizarrerie culinaire à se mettre sous la dent. On se "bat" avec notre "stupid black dog" qui tente de se jeter sous nos roues à chacune de nos escapades... Quelques sérénades autour du feu sous un ciel étoilé et chacun rejoint sa hutte, fatigué de sa journée mais prêt à redémarrer de plus belle dès le lendemain matin. Une semaine plus tard, notre fine équipe est rejointe par une anglaise, deux lettons et un américano-japonais. L’organisation de la vie quotidienne tend à se déliter - chacun s'aquittant des devoirs collectifs sans répartition précise des tâches - mais la ferme ne manque jamais d'occupations. Et quand Buti pointe le bout de son nez, c'est avec un engouement partagé que les woofers se plongent dans de nouvelles activités. 

Vie communautaire = solidarite : 4 bras valent mieux que 2 pour achever cette magnifique construction!  Sur le principe de la fondue, on cuisine nous-meme dans ce petit resto de Doi Sakhet.  So cute!   

Qui aurait pu penser qu'une âme malintentionnée viendrait troubler la paisibilité d'un lieu ou tout invite à la confiance et à la sérénité? Après Dhaka, Calcutta et Bangkok, trois villes bondées ou nous ne manquions pas une occasion de jeter un coup d'oeil protecteur à nos précieux compagnons de travail, nous voilà complètement désemparés en réalisant un soir, alors que nous regagnons nos huttes, que tout a disparu. Il est minuit, on se retrouve à 6 dans le poste de police le plus proche. Tiraillés entre colère et tristesse, on se prête sans enthousiasme aux formalités d'usage, avec cette once d'espoir propre à ceux qui ne veulent pas renoncer. A notre grande surprise, 15 policiers sont déployés sur le terrain dès le lendemain matin. Reconstitution, photographies, talkie walkie, on se croirait presque dans un film hollywoodien. Ne manquent plus que les banderoles rouge et blanche pour parfaire l'illusion! Malheureusement, pas de "happy end" pour cloturer l'affaire. Les carnets de voyage, photos, documents de travail et divers ne sont plus que des souvenirs. On garde jalousement au fond de nous-mêmes ce que personne ne pourra nous voler. Certes les photos ne seront plus de même qualité, les articles seront désormais rédigés lors de séances de cyber entrecoupées, mais qu'importe? Comme dirait quelqu'un qui m'est cher, "les gens les plus heureux ne sont pas ceux qui ont le meilleur de tout, ce sont ceux qui tirent le meilleur de ce qui leur est donné". Des paroles sages qui nous ont permis de quitter la ferme la tête pleine de bons souvenirs, et de repartir sur les routes avec l'envie toujours plus grande de donner, envers et contre tout, le meilleur de nous-mêmes.

So disgusting...  So happy!  So drunk?

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  • Dewi, vice Secrétaire générale, KPA, Jakarta, Indonésie: "En m'engageant avec KPA en 2007, j'ai compris que l'Indonésie est avant tout un pays agricole, même si nos dirigeants n'en tiennent pas compte".

    Dewi, vice Secrétaire générale, KPA, Jakarta, Indonésie: "En m'engageant avec KPA en 2007, j'ai compris que l'Indonésie est avant tout un pays agricole, même si nos dirigeants n'en tiennent pas compte".

  • Dwi Agus, Chargé de campagnes, KPA, Jakarta, Indonésie : "Depuis des années, je vois comment vivent les gens ici, et j'en suis triste. Mon engagement est plus qu'un job, c'est un moyen de protester".

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  • Iwan, Secrétaire général, KPA, Jakarta, Indonésie : "J'ai embrassé la cause paysanne dès la fin de mes études, car l'accès à la terre est au coeur de toutes les difficultés sociales que connait l'Indonésie aujourd'hui".

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  • Andri, Chargé de campagnes et de recherches, KPA, Jakarta, Indonésie : "Le gouvernement refuse d'agir au sujet de l'accès à la terre, bien que ce soit un problème fondamental. On essaye donc de créer un vrai changement social par nos actions".

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  • Roy, Secrétaire, KPA, Jakarta, Indonésie: "Depuis l'université, je suis engagée dans les mouvements étudiant et ouvrier. Aujourd'hui, je veux en apprendre davantage sur la cause paysanne, pour continuer à lutter contre les injustices".

    Roy, Secrétaire, KPA, Jakarta, Indonésie: "Depuis l'université, je suis engagée dans les mouvements étudiant et ouvrier. Aujourd'hui, je veux en apprendre davantage sur la cause paysanne, pour continuer à lutter contre les injustices".

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