Quelques constats de thai

La Thaïlande est un pays dont le succès touristique n'est plus à démontrer. Avec 22 millions de visiteurs en 2012, le royaume progresse dans son activité phare. Si la quantité est au rendez-vous, qu'en est-il de la qualité? Notre avis en quelques points.

- La Thaïlande est un pays "développé": une fois encore, si l'on considère le développement comme l'abondance de produits manufacturés, et la capacité des gens à les acheter, alors la Thaïlande semble avoir fait son entrée dans le club des "pays développés". Avec un PIB de 346 milliards de dollars en 2011, le premier exportateur mondial de riz se positionne au 32e rang, selon le FMI (juste derrière le Danemark). Lorsqu'on arpente Bangkok, on le comprend de suite: les voitures neuves abondent, les smartphones sont dans toutes les mains, le skytrain est futuriste, les enseignes lumineuses prolifèrent... Les villes moyennes, à l'image de Chiang Mai ou de Sriracha, suivent elles aussi le mouvement. La campagne reste calme et plus traditionnelle, et pour être francs, c’est ce qu’on préfère !

Bangkok...L'incarnation meme du developpement express et massif!  Certains gratte-ciels se fondent a merveille dans le paysage.  Certains voyageurs se fondent egalement a merveille dans le paysage!

- Le développement humain est à la traine: plus facile à appréhender que le PIB, l'IDH (Indicateur de développement humain, fondé sur trois critères: l'espérance de vie à la naissance, le niveau d'éducation, le niveau de vie global) est un indicateur que l'on peut considérer comme recevable lorsqu'il s'agit d'étudier l'état d'une société. En ce qui concerne la Thailande, le constat est peu brillant: le pays se classait en 2011, selon le PNUD, au 103e rang mondial. On peine à deviner cette lacune lorsqu'on visite le royaume; s’il existe de la pauvreté en Thailande, elle est soigneusement dissimulée aux yeux des voyageurs et autres touristes. Les plus pauvres vivent loin des regards, et on le devine dans les banlieues de la capitale, ou dans ses artères les plus sombres. Les vendeurs de rue et les petits restaurateurs sont nombreux, ce qui laisse penser que le secteur informel est dense ; néanmoins, ils semblent vivre selon des standards acceptables. Quant au niveau d'éducation, il est correct à la base (avec un taux d'alphabétisation d'environ 95%).

- Le Bouddhisme est partout! Et pas seulement dans les temples, qui fleurissent aux quatre coins du pays, dans un style architectural grandiose, et avec des ornements magnifiques. Les moines sont totalement intégrés à la vie quotidienne et, mondialisation oblige, on voit les voit utiliser leur Iphone dans les bus et les trains, puis le ranger dans une poche intérieure de leur robe orangée, une fois la manipulation achevée. Les villes et villages abritent une multitude de petits autels privés, ou des offrandes sont déposées chaque jour. A Bangkok, au pied des gratte-ciels du quartier des ambassades (que l'on connait bien maintenant!), il n'est pas rare de voir un employé de banque en costume s'arrêter devant un de ces nombreux autels, se recueillir quelques instants, pour reprendre ensuite sa course effrénée vers le skytrain...

- La Thaïlande, c'est beau! En matière de géographie et de nature, certains pays sont mieux lotis que d'autres, et c'est le cas de la Thaïlande. Montagnes au nord, plages de rêve au sud, iles paradisiaques, sites historiques classés au patrimoine mondial de l'UNESCO (comme Ayutthaya par exemple), l'ancien royaume de Siam est riche de mille et un trésors. Arpenter ce pays est un plaisir pour les yeux et pour les sens, tant l'eau du golf de Thaïlande est chaude, tant les couchers de soleil (qui ont lieu à 18 heures, certes) sont rougeoyants et rosoyants à la fois, et tant les odeurs de campagne et de nourriture se mêlent avec finesse dans la moiteur du soir. Chevaucher un scooter à ce moment de la journée est une expérience qu'on n'oublie pas.

Dans les temples ou dans les parcs, l'architecture locale vaut le coup d'oeil.  Le tuk-tuk thailandais revendique ses origines...  A Bangkok, on peut pecher dans la Chao Phraya. C'est classe!

- Le Roi est important, le drapeau aussi: peut-être n'est-ce pas du nationalisme, mais ca y ressemble! Le drapeau rouge, bleu et blanc flotte à tous les coins de rue, accompagné du drapeau jaune de la royauté. Quant au Roi lui-même, il est présent partout, immortalisé dans différentes activités du quotidien. Chaque magasin, chaque demeure, chaque coin de rue de grande ville, rivalisent d'originalité dans leur adoration du monarque. Il en deviendrait presque un personnage familier, à force...

- On mange bien! La nourriture est incontestablement un des atouts majeur de la Thaïlande. Souvent épicée, elle compte quelques plats vedettes, à l'image des bouillons de pates au porc, des brochettes de calamars, ou du pad thai (des pates de riz savamment préparées avec des pousses de soja, de la cacahuète, des œufs, du tofu, et une sauce sucrée à base de citron vert). Pour la petite histoire, on notera que le pad thai est devenu le plat national suite à la récession économique qui a touché la Thailande après la seconde guerre mondiale. Afin de réduire la consommation de riz, le gouvernement avait à l'époque lancé une campagne nationale visant à favoriser la production de pates de riz, en diffusant massivement cette recette à travers le pays. Seul bémol culinaire, il ne faut pas être affamé avant de passer à table, car les portions sont minces!

La cuisine de rue est une specialite de la Thailande, et c'est dur de resister a la tentation!  D'ailleurs, certains n'y resistent pas!  Plutot brochettes ou bouillon?

- Les gens sont sympas, ou pas: pas d'amalgame grossier, nous ne connaissons pas tous les Thaïlandais. Si les gens sont globalement souriants et agréables, on ressent, en arrivant d'Inde, une certaine solitude. Ici, la vie sociale est moins foisonnante, et on n'interpelle pas chaque quidam sous prétexte qu'on a envie de causer. Et puis la criminalité touristique n’est pas un mythe, le sentiment anti-blancs non plus, et nous avons malheureusement, à des degrés divers, expérimenté les deux. A Bangkok, les relations sont franchement pénibles, car seulement monétaires, idem aux abords des sites touristiques ; ca n’est pas propre à la Thaïlande bien sur, mais c’est usant. En revanche, dès qu'on quitte un peu la ruche, on retrouve des sourires et des coups de mains donnés avec un plaisir évident. C'est sans doute à l'image du monde actuel: les villes grossissent, et leurs habitants deviennent chaque jour un peu plus les éléments isolés d'un tout qui les dépasse; plus calmes, les campagnes maintiennent le lien humain à une échelle raisonnable. Reste que la Thailande tient de plus en plus du cirque touristique, avec tous les désagréments que ca peut occasionner.

C'est un pays magnifique, et foisonnant de trésors, qui nous a ouvert ses portes. En marge de cette évidente beauté, l'opacité du système politique et policier, la criminalité croissante et l'ouverture déraisonnée au tourisme et à la consommation de masse laissent une impression étrange au voyageur de passage. Comme si, et alors même que tous les ingrédients nécessaires à l'édification d'un pays au caractère bien trempé sont réunis, la Thaïlande perdait (vendait?) une partie de son âme. Dans quelques jours, nous lui dirons au revoir, et ce sera pour nous bon signe: ce départ est synonyme d'obtention de nouveaux passeports, et d'horizon à nouveau degagé!

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  • Dewi, vice Secrétaire générale, KPA, Jakarta, Indonésie: "En m'engageant avec KPA en 2007, j'ai compris que l'Indonésie est avant tout un pays agricole, même si nos dirigeants n'en tiennent pas compte".

    Dewi, vice Secrétaire générale, KPA, Jakarta, Indonésie: "En m'engageant avec KPA en 2007, j'ai compris que l'Indonésie est avant tout un pays agricole, même si nos dirigeants n'en tiennent pas compte".

  • Dwi Agus, Chargé de campagnes, KPA, Jakarta, Indonésie : "Depuis des années, je vois comment vivent les gens ici, et j'en suis triste. Mon engagement est plus qu'un job, c'est un moyen de protester".

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  • Iwan, Secrétaire général, KPA, Jakarta, Indonésie : "J'ai embrassé la cause paysanne dès la fin de mes études, car l'accès à la terre est au coeur de toutes les difficultés sociales que connait l'Indonésie aujourd'hui".

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  • Andri, Chargé de campagnes et de recherches, KPA, Jakarta, Indonésie : "Le gouvernement refuse d'agir au sujet de l'accès à la terre, bien que ce soit un problème fondamental. On essaye donc de créer un vrai changement social par nos actions".

    Andri, Chargé de campagnes et de recherches, KPA, Jakarta, Indonésie : "Le gouvernement refuse d'agir au sujet de l'accès à la terre, bien que ce soit un problème fondamental. On essaye donc de créer un vrai changement social par nos actions".

  • Roy, Secrétaire, KPA, Jakarta, Indonésie: "Depuis l'université, je suis engagée dans les mouvements étudiant et ouvrier. Aujourd'hui, je veux en apprendre davantage sur la cause paysanne, pour continuer à lutter contre les injustices".

    Roy, Secrétaire, KPA, Jakarta, Indonésie: "Depuis l'université, je suis engagée dans les mouvements étudiant et ouvrier. Aujourd'hui, je veux en apprendre davantage sur la cause paysanne, pour continuer à lutter contre les injustices".

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