La voix du terrain

Quand Lupa, membre d'AOSED, nous fait part de son expérience et confie ses espoirs quant à l'avenir des communautés qu'elle accompagne au quotidien. Une illustration d'un état d'esprit partagé par tous les membres de l'ONG, dont nous avons pu mesurer l'engagement au jour le jour et l'implication sur le terrain.

Au plus près des besoins locaux

Lupa 800x533Lupa a intégré l’équipe d’AOSED en juillet 2012, après avoir obtenu un diplôme universitaire intitulé « food and nutrition ». Affectée à un poste de Technical Officer dans l’organisation, elle travaille avec des experts pour mettre en place des technologies viables sur le terrain, en  lien avec les besoins des communautés locales et la philosophie de l’organisation. « On prend des décisions en fonction des demandes des populations locales. Si elles veulent un PSF car c’est d’un PSF qu’elles ont besoin, alors, on met tout en oeuvre pour répondre à leurs attentes ». Elle participe donc à la mise en place des tubewell et des PSF, en collectant les informations de terrain nécessaires, et en les transmettant aux personnes habilitées à les designer. « Lorsqu’on recoit une proposition de prototype de la part des ingénieurs, on s’enquiert toujours de savoir si celui-ci est en mesure de fournir de l’eau pure, exempte de bactéries ». Une fois le projet accepté, les populations locales se chargent de la construction des équipements, guidés par les plans des ingénieurs. Quelques mois plus tard, elle et l’équipe d’AOSED prélèvent des échantillons d’eau dans chaque PSF, pour en analyser la qualité. Les échantillons sont envoyés à un laboratoire d’experts, qui statuent sur la composition de l’eau, et définissent ensuite les orientations à suivre : soit conserver la méthode si les résultats s’avèrent satisfaisants, soit définir de nouveaux plans pour des constructions plus efficientes.

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Accompagner sans supplanter, informer pour responsabliser

Mais le travail de Lupa ne s’arrête pas là. Ses qualités de nutritionniste sont mobilisées par AOSED pour la conduite de formations sur le thème « food and nutrition » dans les écoles de Dacope. « La sécurité alimentaire est une problématique majeure car les gens ne connaissent pas l’apport nutritionnel des aliments, ni les problèmes de santé que des carences peuvent provoquer. Ils ne comprennent pas qu’en diversifiant leur agriculture, ils participent à la conservation de l’environnement, et que cet environnement influe directement sur leur état de santé, tant physique qu’économique ». Cette jeune activiste place donc l’éducation et la sensibilisation au coeur de ses préoccupations. « Lorsqu’on a des connaissances spécifiques, il faut pouvoir les transmettre aux populations locales afin qu’elles puissent être en mesure de définir par elles-mêmes les solutions à leurs problèmes ». Car les communautés locales sont loin d’être sans ressources ! Arrêtons de les voir constamment comme les bénéficiaires passifs d’un assistanat inconditionnel. « Si les gens sont sensibilisés et mieux éduqués, ils ne chercheront plus l’aide ailleurs. Les solutions doivent venir du terrain, car plus la population dépendra des ONG, plus sa propre culture, ses idées et ses savoirs traditionnels seront menacés ». « Je veux les voir indépendants et autosuffisants », conclut-elle. Ses nombreuses visites de terrain, et son investissement au sein du Youth Forum, en tant que vice-Présidente, promettent de beaux jours à la poursuite des objectifs qu’elle s’est fixés. 

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