FEDINA, un modèle associatif à suivre ?

Fondée à Bangalore en 1983, FEDINA travaille à l’accompagnement et au renforcement des populations les plus fragiles du sud de l’Inde. Présente sur le terrain, démocratique et militante, l’ONG se démarque de nombreuses associations indiennes porteuses d’une bienfaisance désuète.

Rejeter la charité et valoriser les droits : ayant vu le jour en 1983 dans une optique de charité et d’aide d’urgence aux plus démunis, FEDINA a par la suite fait évoluer son approche de la solidarité locale. Depuis 1996, l’association travaille beaucoup plus qu’à ses débuts à la prise de conscience de leurs droits par les groupes de population les plus fragiles. L’idée centrale de toutes les actions entreprises est de renforcer les différents groupes locaux, dans les slums et les villages du sud de l’Inde (Kerala, Karnataka, Tamil Nadu, Andra Pradesh et Pondichéry), en les informant de leurs droits et en les organisant. Il s’agit de créer par exemple des syndicats pour les travailleurs, des groupes de proximité pour les femmes victimes de violences ou les personnes âgées…

Panser les nombreuses plaies de la société indienne : FEDINA développe aujourd’hui des activités en direction de différents publics, aussi bien en ville qu’en zone rurale. Les dalits (intouchables) sont accompagnés dans leur lutte pour plus de justice sociale, eux qui sont aujourd’hui encore des parias bannis de la société indienne. Ainsi sont actuellement expérimentés, dans le Tamil Nadu, des villages « mixtes », mêlant les dalits au reste de la population. Dans les slums de Bangalore, les femmes sont soutenues lorsqu’elles subissent des violences conjugales. Dans les différents villages du Karnataka et des autres états du sud, les travailleurs du bâtiment, du secteur agricole, ainsi que les travailleuses domestiques, les rouleuses de beedis et les préparatrices de bâtons d’encens, sont aidés par FEDINA dans la formation de syndicats destinés à juguler les abus patronaux. Les évictions arbitraires de terres agricoles ou de quartiers urbains sont ardemment combattues. Les seniors citizens, et plus particulièrement les retraités du secteur informel, sont épaulés dans leur combat quotidien pour la dignité. Et si un cas particulier « hors champ de compétences » se présente (concernant l’enfance par exemple), l’ONG de Bangalore peut aussi apporter son soutien à ceux que personne n’écoute.

Une organisation structurée à différents niveaux : pilotée par un trust composé de 5 membres, et à la tête duquel on trouve le Secrétaire exécutif Duarte Barreto, 77 ans, l’association compte différents organes qui assurent son bon fonctionnement. Le central team se compose de ce noyau dur, élargi aux state coordinators (un par état) et à des avocats ou spécialistes divers. Le Social Action Network Collective regroupe cette équipe étendue, à laquelle s’ajoutent des représentants des organisations locales, scellant ainsi le lien entre administration et terrain. Enfin, à la base, les groupes locaux (2300 en tout) sont englobés dans différents réseaux intermédiaires thématiques, en fonction de la difficulté à traiter. Le schéma ci-dessous explique simplement cette structure.

Schema explicatif de la structure de FEDINA

Démocratie et ancrage de terrain érigés en méthode de travail : les réunions à FEDINA sont nombreuses, parfois interminables, et souvent animées. Le trust se réunit tous les 15 jours pour débattre des grandes orientations associatives et des problèmes de fonctionnement. Tous les 3 mois, après avoir rendu visite aux différents groupes locaux des villes et villages de leur état, les state coordinators se rejoignent à Bangalore pour partager les échos du terrain avec l’équipe dirigeante. D’autre part, et dans l’optique de participer au renforcement des groupes locaux de travailleurs et de populations marginalisées, FEDINA organise chaque trimestre un séminaire d’information (droit du travail, histoire des syndicats, situation politique en Inde…), auquel participent les différents leaders locaux, encadrés par leur state coordinator. A l’issue de ces séminaires, les réalisations et difficultés du trimestre passé sont exposées par chacun, et les actions du trimestre à venir sont envisagées. Dans ces regroupements, la parole est tournante, les questions sont nombreuses, et la disposition est pensée pour favoriser le dialogue. Différents cercles regroupent les participants par langue natale, et des traductions simultanées sont assurées de l’anglais au kannada, au tamoul…Nombre de décisions sont prises par vote ou par approbation collective. Si l’efficience de ces longues réunions est parfois contestable, ces méthodes sont extrêmement démocratiques, et favorisent la dynamique associative horizontale entre le terrain et les bureaux.

Un groupe de discussion durant le seminaire trimestriel d'octobre 2012.  Durant les grands rassemblements, le brainstorming est de rigueur!  Les membres (fraichement elus!) de la Federation syndicale du sud de l'Inde, cree par le reseau de Fedina lors des journees de seminaire.

En parallèle de ces échanges, le staff de Bangalore se déplace très fréquemment sur le terrain, afin d’assurer un lien permanent avec les groupes locaux. Lorsqu’il s’agit de groupes récemment formés ou peu structurés, les visites peuvent être bimensuelles ; de ce fait, les populations accompagnées se sentent réellement soutenues, et se figurent concrètement le lien qui les unit à FEDINA. D’autre part, les animateurs (dans les slums) et les leaders locaux (dans les villages) sont régulièrement de passage dans les bureaux de l’association pour évoquer la situation dans leur zone d’intervention. Elus pour 5 ans, les leaders de village sont pour FEDINA un échelon intermédiaire essentiel de représentativité au sein des zones rurales.

Des hommes et des femmes engagés : que ce soit directement sur le terrain, au niveau des états du sud de l’Inde ou au sein du trust, ceux qui s’engagent avec FEDINA sont des hommes et des femmes actifs et concernés. Les représentants locaux gèrent cette activité en parallèle de leur travail quotidien et de leur vie de famille. Les state coordinators naviguent en permanence d’un village à un slum, sur des territoires aussi vastes qu’un pays européen. Le trust se compose de personnalités engagées et compétentes, autant professionnels que militants. Tour à tour travailleurs sociaux, lorsqu’ils sont sur le terrain, et gestionnaires, chargés de communication ou de plaidoyer lorsqu’ils parlent à la presse ou rencontrent un ministre, les membres de cette équipe ne comptent ni leurs heures, ni leurs succès, ni leurs désillusions. Tous Indiens, en majorité issus de Bangalore et de ses quartiers, ils sont le noyau dur d’une ONG démocratique, résolument tournée vers le terrain et l’engagement solidaire de proximité.

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Ils/Elles s'engagent!

  • Dewi, vice Secrétaire générale, KPA, Jakarta, Indonésie: "En m'engageant avec KPA en 2007, j'ai compris que l'Indonésie est avant tout un pays agricole, même si nos dirigeants n'en tiennent pas compte".

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  • Dwi Agus, Chargé de campagnes, KPA, Jakarta, Indonésie : "Depuis des années, je vois comment vivent les gens ici, et j'en suis triste. Mon engagement est plus qu'un job, c'est un moyen de protester".

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  • Iwan, Secrétaire général, KPA, Jakarta, Indonésie : "J'ai embrassé la cause paysanne dès la fin de mes études, car l'accès à la terre est au coeur de toutes les difficultés sociales que connait l'Indonésie aujourd'hui".

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  • Andri, Chargé de campagnes et de recherches, KPA, Jakarta, Indonésie : "Le gouvernement refuse d'agir au sujet de l'accès à la terre, bien que ce soit un problème fondamental. On essaye donc de créer un vrai changement social par nos actions".

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  • Roy, Secrétaire, KPA, Jakarta, Indonésie: "Depuis l'université, je suis engagée dans les mouvements étudiant et ouvrier. Aujourd'hui, je veux en apprendre davantage sur la cause paysanne, pour continuer à lutter contre les injustices".

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