La jeunesse volontaire d'Hanoi

Etudiant(e)s ou fondateurs(trices) d'ONGs, intéréssé(e)s par les enjeux éducationnels et environnementaux au Vietnam, ils et elles ont entre 20 et 30 ans, et sont les acteurs associatifs qui dessinent la sociéte vietnamienne de demain. Ils reviennent en quelques mots sur leur engagement à Hanoi.

Lam, Fondateur de l’ONG Vietnam and Friends, Hanoi
Lam (26 ans) compte s'investir pour Vietnam and Friends jusqu'à ce que la structure soit assez solide pour poursuivre l'aventure sans lui.J’ai commencé à être volontaire pour SJ Vietnam en 2007, lorsque j'étais étudiant. J’accompagnais des jeunes en difficulté en leur donnant des cours de soutien. J’ai ensuite passé un an en France, où j’ai eu l'idée de monter ma propre structure. De retour au Vietnam, j’ai encore plus mesuré l’importance des lacunes en matière d’environnement et d’éducation. Vietnam and Friends a vu le jour en 2011, et travaille  sur ces deux sujets: au parc national de Xuan Thuy[1], à la Blind School[2], et avec School on the boat. Le plus difficile pour mener à bien nos projets, c’est de faire comprendre aux gens l’importance des enjeux éducationnels et environnementaux au Vietnam. Pour que la sensibilisation soit efficace, il faut que l’on mette en place des projets qui les touchent directement, dans leur quotidien. Les mentalités changent lentement, mais je remarque déjà des améliorations; les étudiants, par exemple, sont plus concernés qu'avant par ce tout qui touche à la préservation de l’environnement”.

Viet Tien, Fondateur d’AFEO (Action For Environment Organization), Hanoi

Viet Tien (30 ans) est un défenseur de l'environnement engagé, depuis plus de 10 ans.La préservation de l’environnement est un problème sérieux au Vietnam. Je m’intéresse à ce sujet depuis plusieurs années. Après mes études à Hanoi, j’ai été volontaire pour l’organisation Education for nature, puis j’ai obtenu un Master dans les métiers de l’environnement. J’ai ensuite décidé de créer l’organisation AFEO, qui travaille à la sensibilisation environnementale. Avec les compagnies vietnamiennes tout d’abord: nous les sensibilisons à l’importance de l’obtention du Green Label, en constituant une base de données sur le sujet qu'elles peuvent consulter librement. Avec les jeunes ensuite: nous effectuons des actions de sensibilisation, dans les écoles notamment. Nous avons une trentaine de volontaires, qui se rendent dans les collèges pour y évoquer avec les élèves les questions de gaspillage de l’eau, de gestion des déchets, etc. Enfin, via le réseau Cycling for environment, créé en 2007, nous organisons des sorties à vélo, dans le but de capter l’attention des gens avec des messages de sensibilisation, inscrits sur nos gilets ou sur des drapeaux. Plus de 3000 personnes sont impliquées dans ces sorties, dans 15 provinces à travers le Vietnam. Malgré ces petits succès, ça reste difficile de changer les mentalités. Je crois vraiment qu'il faut concentrer nos efforts sur les jeunes générations, afin qu'ils deviennent des adultes responsables”.

Oanh, Volontaire sur le projet Eco Sponge Action[3], SJ Vietnam, Hanoi

Oanh, la vingtaine, aimerait concilier le travail social et sa maitrise du japonais. J’ai découvert le projet Eco Sponge Action en 2011, lors d’un workshop organisé par SJ Vietnam à l'université où j'étudie le japonais. Je me suis engagée avec eux au mois d’août de la même année, et ça a été un choc pour moi. J’ignorais qu’il existait des endroits comme le Fisher Village[4] à Hanoi! Au fur et à mesure, j’ai cherché à en savoir plus sur les problématiques sociales au Vietnam, et j’ai le sentiment que les autorités ne s’en préoccupent pas suffisamment. Développer l'économie c’est une chose, mais le social c’est important aussi… La mauvaise qualité de vie est un vrai problème chez nous, mais on en parle trop peu. De mon côté, en plus de ma participation au projet Eco Sponge Action, j’essaie de mobiliser de nouveaux volontaires. J’aimerais, à terme, travailler dans le social. J’ai compris une chose importante grâce à mon volontariat, c’est qu'il faut impliquer directement les gens dans les actions qui les concernent. Car avant tout, si quelqu'un ne s’aide pas lui-même, on ne peut rien faire pour l'accompagner!”.

Meo, Coordinateur du projet School on the boat, Hanoi

Meo, 22 ans, est coordinateur des volontaires engagés sur le projet School on the Boat.J’ai commencé à m’investir en tant que volontaire il y a quatre ans, avec SJ Vietnam. Je faisais de l’animation dans un hôpital pédiatrique. En 2010, j’ai commencé à donner des cours aux enfants de la Youth House[5], puis j’ai été coordinateur de volontaires pour SJ Vietnam quelques mois. Pour poursuivre mes études correctement, j’ai du arrêter en 2011, tout en continuant à suivre les activités qui se déroulaient au Fisher village. Depuis un an, je suis coordinateur du projet School on the boat ; ma mission, c’est de recruter des volontaires vietnamiens pour donner des cours du soir aux enfants des rives du Fleuve rouge. J’assure aussi le lien avec les familles, auxquelles je rend visite deux fois par mois, et j’organise les sorties mensuelles que l’on fait dans le cadre de School on the boat. Cette initiative me tient à coeur, car je crois qu'il y à un réel problème éducatif au Vietnam ; on n’apprend pas aux enfants à penser par eux-mêmes, on ne leur donne pas les moyens de devenir des adultes indépendants. Je ne me considère pas comme un travailleur social, mais cet engagement, je le vois à long terme, parce que j’aime les enfants. En fait, c’est comme si c’était une partie de mon corps”.

Minh, Fondateur de RAECP (Raising Awareness on Environment and Climate change Program), Hanoi

Malgré son jeune âge (22 ans), Minh est le leader de la jeunesse engagée pour l'environnement sur Hanoi.J’ai créé le programme RAECP en 2008. J’avais 18 ans à l'époque, et j’ai tiré un constat simple: les clubs étudiants, basés sur le volontariat, ont peu d’impact concret sur les projets qu'ils suivent. J’ai voulu être efficace, et miser sur des actions impactantes et durables. Je m'intéresse aux questions environnementales depuis l'école primaire; je me suis donc lancé dans ce domaine, via RAECP, mais aussi en participant à la création d’un réseau plus large, Vietnam Green Generation. Au sein de RAECP, je travaille avec une petite équipe bénévole, sur différents projets. Nous organisons par exemple, chaque année, des sessions de formation d’un mois, intitulées “Be a change agent”, à Danang, Hanoi et Ho Chi Minh City, dans le but d’initier 50 jeunes à la méthodologie de projets sociaux et environnementaux. Nous menons aussi des campagnes de sensibilisation, qu'on essaie de rendre novatrices via l’implication directe des gens, dans leur vie quotidienne: "I hate plastic", "I will if you will", sont des campagnes que j’ai créées, ou adaptées au contexte vietnamien[6]. On y fait interagir les particuliers, les entreprises, les magasins de rue, les célébrités...pour que tout le monde soit personnellement impliqué. C’est pour moi la seule façon de faire, car la sensibilisation théorique ne donne pas de résultats probants. On obtient des résultats avec le temps, campagne après campagne, en impliquant encore et encore les gens”.

Hang, ex-coordinatrice des volontaires, SJ Vietnam, Hanoi

Hang (29 ans), aimerait étudier un an en France avant de travailler sur les questions d'éducation au Vietnam.Je suis arrivée à Hanoi il y a neuf ans, pour y faire mes études. En parallèle des cours, je suis devenue volontaire pour SJ Vietnamau Fisher village. Je donnais des cours de soutien aux enfants. En 2008, j’ai fini mon cursus dans les métiers de l'éducation; je pensais devenir enseignante, mais mon volontariat m’a donné envie de me consacrer plutôt à l'éducation des jeunes défavorisés. Je suis devenue coordinatrice des volontaires pour SJ Vietnam, puis secrétaire du réseau NVDA (Network for Voluntary Development in Asia) à Hanoi, en 2010. Selon moi, l’éducation est vraiment le problème majeur du Vietnam aujourd’hui[7]. L’école est payante, parfois assez chère; beaucoup d’enfants ne sont donc pas scolarisés, car le soutien accordé par le gouvernement demeure très inégal et insuffisant. Et puis, en montagne ou à la campagne, les écoles sont parfois loin des maisons, ce qui empêche les enfants de s’y rendre. Enfin, les parents ne sont pas assez sensibilisés à l’importance des études. Et les ONG vietnamiennes ne s’investissent pas beaucoup en matière d’éducation, car la plupart considèrent que c’est au gouvernement d’agir! Je veux m’engager pour la communauté sur ce sujet, particulièrement en sensibilisant les familles à l’importance de l'école. J’aimerais que chaque enfant accède au moins au lycée”.


[1] Sur l'action de Vietnam and Friends au parc national, voir l'article "À la pêche aux...champignons!".

[2] Le projet Blind School vise à faciliter les etudes d’élèves malvoyants.

[3] Sur ce projet, voir l’article Les éponges du Fleuve rouge.

[4] Sur le Fisher village, voir l’article “Les éponges du Fleuve rouge”.

[5] Au sujet de la Youth House, voir l’article “La petite cuisine de Tuyet”.

[6] Le prochain article reviendra en détail sur ces campagnes, ainsi que sur le parcours de Minh.

[7] Hang commence déjà à s'intérésser à l'éducation et au savoir, via un projet de préservation de la culture de la minorité thaie. Voir à ce sujet l'article "Le gardien du savoir".

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  • Dwi Agus, Chargé de campagnes, KPA, Jakarta, Indonésie : "Depuis des années, je vois comment vivent les gens ici, et j'en suis triste. Mon engagement est plus qu'un job, c'est un moyen de protester".

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  • Iwan, Secrétaire général, KPA, Jakarta, Indonésie : "J'ai embrassé la cause paysanne dès la fin de mes études, car l'accès à la terre est au coeur de toutes les difficultés sociales que connait l'Indonésie aujourd'hui".

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  • Andri, Chargé de campagnes et de recherches, KPA, Jakarta, Indonésie : "Le gouvernement refuse d'agir au sujet de l'accès à la terre, bien que ce soit un problème fondamental. On essaye donc de créer un vrai changement social par nos actions".

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  • Roy, Secrétaire, KPA, Jakarta, Indonésie: "Depuis l'université, je suis engagée dans les mouvements étudiant et ouvrier. Aujourd'hui, je veux en apprendre davantage sur la cause paysanne, pour continuer à lutter contre les injustices".

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